It’s all about the choices you make

Depuis octobre, on peut dire que cela fait un an que je cherche du travail. Évidemment, tout dépend avec quelle perspective on regarde cette année passée.

Dans mes bons jours, je dresse un bilan assez positif: j’ai travaillé quelques mois en tant que chargée de communication dans une maison d’édition jeunesse, ce pourquoi j’ai étudié toutes ces années. J’ai passé des entretiens avec plus ou moins de réussite, j’ai enfin monté mon site de graphisme et j’effectue des missions de correction en freelance. Et j’ai comblé le temps en travaillant dans une grande surface. En bref, je ne suis pas restée inactive.
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Dans mes mauvais jours, c’est une toute autre histoire: j’entends sans cesse que je suis surdiplômée et qu’à cause de ça, on ne peut pas m’aider. On me dit que je suis trop spécialisée ou pas assez, que je suis trop vieille pour obtenir des aides et que je ferai mieux de faire des enfants. On me plaint, on me dit que ça va arriver, qu’il faut que je sois patiente. Il y a ces jours aussi où je regarde tout simplement passer la vie. “Tu sais à ton âge, ta mère t’attendait et avait déjà travaillé 5 ans”. Merci. Comme si je n’avais pas fait déjà le rapprochement moi-même. Ce besoin des gens de t’expliquer ta vie, je vous jure.
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Bref, en un an, il s’en est quand même passé des choses. J’ai espéré, je me suis résignée. J’ai été en colère, je me suis trompée. J’ai changé, je me suis perdue parfois. Il a fallu s’ajuster, prendre des décisions. On m’a recalé, j’ai refusé. J’ai perdu des gens de vue pour mieux me rapprocher d’autres. J’ai aussi fait des rencontres, qu’elles soient virtuelles ou réelles.
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Et mine de rien, j’ai avancé. Peut-être pas comme je l’avais imaginé, mais petit à petit, en prenant mon temps.
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Dernièrement, j’ai encore été mise à rude épreuve. Tout a commencé avec de la veine pure, trois entretiens qui tombent du ciel en une semaine! J’étais genre :
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Et puis, ça s’est compliqué. j’étais prise pour le premier job. (Wait, what’s wrong with that?)
Sauf qu’il s’agissait d’un CDD de 5 mois à l’autre bout de la France, sans possibilité de prolongement. Le poste était au top, très intéressant mais autant valorisable sur un CV qu’un autre stage. Vous allez me dire que toute expérience est bonne à prendre et c’est pas moi et mes cinq mois de travail sous-payés qui vous diront le contraire.
Sauf qu’à côté de cela, j’ai passé un entretien pour un poste dans ma région, qui se trouve être un CDI à fort potentiel d’évolution. Et je suis sélectionnée pour passer le deuxième entretien.
Tout va bien dans le meilleure des mondes en apparence…Sauf que voilà, le CDD voulait une réponse tout de suite alors que je passe mon deuxième entretien le 25 novembre.
Que faire?
Accepter le CDD quitte à partir après si le CDI est positif? Prendre le CDD et laisser filer le CDI? Refuser le CDD et jouer le tout pour le tout pour le CDI?
Bad timing baby, you have to choose.
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Les décisions, vraiment, ça pue. Tu sais jamais vraiment si tu prends la bonne mais tu dois la prendre quand même. Ça te fait passer de mauvais moments mais ça ne recule jamais l’échéance.
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Alors voilà, j’ai décidé de refuser le CDD qu’on me proposait. J’en vois déjà s’offusquer d’ici et je leur dirais bien d’aller se faire voir si seulement je jugeais cela utile.
Comme dans toutes décisions difficiles à prendre, j’ai pesé le pour et le contre. Certes, il s’agissait d’un poste enrichissant et enthousiasmant, mais voilà, les frais engendré par un logement sur cinq mois à 500 km doublé d’un salaire minimum et du peu de reconnaissance professionnelle que j’en retirerai ont fait penché la balance. Certains me trouveront égoïste ou tout simplement stupide d’avoir refusé un poste que j’avais obtenu. Je leur dirais alors qu’ils n’ont pas vécu l’année que j’ai passé à chercher du travail et toutes les leçons que j’en ai tiré.
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Cette année aurait pu m’apprendre que le monde du travail est si complexe que je ferais bien de me jeter sur le premier emploi qu’on me propose.
Au contraire, il m’a appris que vouloir éperdument un travail ne veut pas dire renoncer à ses idéaux. Cette année, j’ai postulé à des postes auxquels je n’aurais jamais songé, et lorsque j’ai eu des entretiens pour ceux-là, j’ai ressenti une violente angoisse : celle d’être prise. C’est idiot peut-être, mais c’est en tentant et en chutant qu’on apprend. J’ai appris que céder au diktat du chômage, c’est peu à peu renoncer à ce que l’on est. Et dès lors, même si l’on trouve du travail, on ne peut être heureux.
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Et au dessus de tout, j’ai choisi d’être heureuse. Je n’y suis certes pas encore mais je me bats pour. Alors oui je prends un risque mais ce ne sera pas le dernier.
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Et puis, qui n’a jamais parié sur son propre bonheur?
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Yesterday is history, Tomorrow is a mystery

3 mois. Voilà le temps que cela m’a pris pour revenir écrire ici. Ça me manquait, j’avoue. Ça me faisait peur aussi.
Ça fait bientôt un an que j’ai démarré ce blog pour m’aider à avancer moralement dans ma recherche d’emploi. De me dire que le temps passe si facilement et que j’ai encore des choses à dire ici me frustre.
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Car oui, long story short : comme prévu, je n’ai pas été engagée à la fin juillet par ma boîte et je suis revenue vivre chez mes parents pour la deuxième fois en un an.
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Enfin, rendons à César la vérité. Mes patronnes à Paris ont proposé de m’engager en freelance début juillet. Bonne nouvelle vous me direz. Sauf qu’elles me proposaient un smic. Autrement dit : 1400 euros, vous enlevez les charges des indépendants (25%), le loyer de Paris (800 minimum), les différentes factures et les dépenses de la vie quotidienne, il ne vous reste plus rien. Rajoutez à cela que vous n’avez aucune sécurité de l’emploi, pas d’indemnités de licenciement, vos boss peuvent vous mettre à la porte quand elles veulent. Et, à contrario de beaucoup de freelance, je n’avais pas de possibilité de télétravail ni de possibilité d’effectuer d’autres missions avec les horaires de bureau proposés.
Ça plus ça plus ça, j’ai décidé de refuser. Certains penseront que je suis folle. Peut-être. Mais je n’ai pas envie de brader ma vie sous prétexte que des gens ont envie d’abuser du système. Oui parce que quand j’ai refusé, ma boss m’a jeté à la figure un savoureux “mais qu’est-ce que tu peux espérer de mieux?”. Car oui, elle y croyait vraiment à son histoire, allant jusqu’à me dire que c’était équivalent à ce que les autres boîtes pourraient me proposer. Après ça, toute cette histoire de salaire et de précarité est devenue secondaire. Je ne pouvais viscéralement pas travailler avec une personne qui pensait me sauver de la misère tout en m’entubant.
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C’est pas facile tous les jours cette recherche d’emploi. Mais je pense qu’il ne faut pas non plus être prêt à tout accepter. On se perd souvent. On se demande ce qu’on fout là, ce qu’on va devenir. On fait défiler les annonces des différents sites d’emploi en se disant que secrétaire, finalement, ce n’est pas si mal. Ça fait mal souvent. On s’entend dire qu’on aurait pas dû faire tant d’études et que la conjoncture est vraiment horrible et qu’on a pas de chance. Génial. On encaisse, on répond aux “Alors toujours rien?”. On avance. On trébuche souvent. On fait semblant de gérer alors qu’au fond, on a envie de crier à l’injustice, au système de merde et à notre nullité. Car oui, plus on avance et plus on se dit qu’un truc cloche et que ce truc, c’est peut-être nous.
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Vous allez encore me dire que finalement je ne suis pas si optimiste que ça et que cet article est triste à chialer. Mais je ne dis pas tout ça pour faire pleurer dans les chaumières ni pour qu’on s’apitoie sur mon sort. Loin de là. Ma situation n’est certes pas idéale mais elle n’est pas non plus catastrophique. En un an, j’ai eu plusieurs entretiens, j’ai travaillé quatre mois dans le domaine que j’aime, je me suis amusé à créer des visuels pour ma famille et même pour une élection de miss régionale et puis je ne reste pas inactive. Je travaille depuis le mois d’août dans le Leclerc où j’avais l’habitude de travailler les étés pendant mes études. Ce n’est pas fou, je me lève 6jours/7 à 4h du matin pour remplir des rayons que des clients impitoyables viennent dépossédés toute la sainte journée. Mais je travaille et ce travail est apprécié. J’en vois d’ici dire “Pfff un bac+5 et elle est heureuse de recevoir des compliments pour de la manutention!”. Et bien oui. Dans ce périple, tous les compliments et les petits moments d’auto-satisfaction sont bons à prendre. Ça me fait du bien d’entendre que je suis quelqu’un de capable, d’organisée et de mature. Du bien de se dire que quelqu’un a confiance en mon travail. Parce que je sais que ces appréciations et cette expérience me seront toujours utiles pour la suite et qu’elles forgeront en quelque sorte la personne que je deviendrai.
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Vous savez, le plus dur pour moi parfois, c’est de ne plus savoir exactement qui je suis. À force de tout remettre en question, on s’éloigne peu à peu. Et c’est ces petits bonheurs du quotidien qui me rappellent celle que j’ai toujours été. Un compliment sur mon travail, une remarque sur ma ténacité, un oeil surpris sur mes créations, un encouragement chaleureux, un aveu tardif. Alors j’emmagasine des forces pour mieux repartir.
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Un jour, j’y arriverai.

 

L’éternelle insatisfaite

Cela fait un moment que j’ai pas pris le temps d’écrire ici. Peut-être parce que je suis actuellement dans un entre-deux assez perturbant, que je n’arrive pas vraiment à retranscrire à l’écrit.

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Début avril, j’ai commencé mon “job” de chargée de communication au sein d’une maison d’édition. Comme je vous l’avais dit précédemment, il ne s’agit pas d’un contrat dans les règles de l’art, je fais mes 35h mais je suis payée au tarif stage. Autrement dit, des clopinettes pour bien vivre à Paris.
Le temps passe à une vitesse et nous voilà déjà début juin, à un mois de l’échéance que l’on s’était fixée avec ma boss. Fin juin, soit elle m’embauche, soit je m’en retourne au beau pays des chômeurs.
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Pour tout vous dire, ça m’a fait du bien de retourner au travail. Je ne suis pas du genre passive (enfin pas tout le temps), et ne pas travailler commençait à me rendre folle. Du coup, j’ai saisi l’opportunité même si elle n’était pas idéale.C’était toujours quelque chose.
Je suis retournée vivre à Paris, j’ai pu renouer avec ma vie sociale et un semblant d’activité.
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Mais voilà.
Le travail est cool, ma boss est cool, le bureau est cool. Cool. JUSTE cool.
J’aime ce que je fais là-bas, vraiment, mais je ne me sens pas investie. Je travaille, je trouve des solutions, je communique avec des organisateurs de salon mais rien de tout cela ne trouve grâce à mes yeux.
Vous allez vous dire que je suis ingrate. Peut-être.
Mais à bientôt 25 ans, je n’ai plus envie de travailler pour des clopinettes.
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C’est beau toute cette idée de saisir l’opportunité qui, par chance, nous fera monter au firmament de l’échelle sociale. C’est beau oui. Pas vrai.
Certes ça marche dans certain cas et ceux qui ont réussi nous rabâche qu’il faut s’accrocher et que c’est en galérant qu’on y arrivera.
Je ne suis plus sûre que ce soit encore vrai aujourd’hui. Je vois des gens qui galèrent, j’en vois plein. De ceux qui réussissent, très peu.
Je vous vois d’ici me dire que je suis très pessimiste d’un coup. Sûrement.
Mais voyez vous l’autre jour quand on m’a ri au nez parce que j’avais un master et deux licences et que À CAUSE de ça, je n’avais pas le droit à des aides, l’optimiste que je suis habituellement n’a pas su quoi dire.
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Donc voilà, j’ai un peu de mal à m’investir dans mon travail. D’autant plus qu’il y a de fortes chances que je ne sois pas embauchée, et que je retourne au club des chômeurs (que je n’ai jamais réellement quitté) d’ici fin juin.
Parfois, je me demande à quoi rime tout ça. Je suis pétrie de doutes, je ne peux pas dire où je serais dans un mois, j’ai mal au coeur chaque fois que je dois me remettre à la recherche d’emploi et à l’idée qu’à 25 ans, ma vie n’a toujours pas pris le virage que j’espérais.
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Malgré tout, malgré la peur qui me tient au ventre, j’essaie d’avancer du mieux que je peux. Au fond de moi, j’espère toujours trouver mieux, je me dis que je ne suis pas seule et qu’il faut que j’en passe par là pour apprécier l’après. Je me remets petit à petit, je cherche des solutions, je me mets au défi, j’avance.
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Et puis après, on verra.

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Un pas en arrière, deux pas en avant

Les impressions contradictoires, vous connaissez?

Le fait de ne pas savoir si un livre vous a plu ou non, de se demander si on a envie d’aller d’un côté ou de l’autre, ou bien encore de savoir si la décision que l’on prend est la bonne.
Ce tiraillement intérieur, c’est un peu ce que j’expérimente depuis quelques semaines et ce pourquoi j’ai mis tant de temps à écrire cet article (Oh, ça et le fait que je sois une fainéante chronique).
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Il y a un mois de cela, une opportunité s’est présentée. Une amie de promo travaillait en tant que chargée de communication dans une maison d’édition jeunesse de la région parisienne. Malheureusement la maison d’édition, attendant encore les financements de la région pour créer un poste fixe, ne pouvait lui fournir alors qu’un salaire de stagiaire.
Ne se satisfaisant plus de cette situation et voulant changer de voie, elle a décidé de partir et de proposer le poste à notre promo.
Instinctivement, j’ai décidé de postuler. Et j’ai été prise.
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Depuis ce moment, tout a été vite et pas assez en même temps. Tout a été joyeux et oppressant en même temps.
C’est un peu comme si j’attendais que la pièce que j’ai jeté en l’air redescende et se pose côté pile ou côté face pour déterminer quel serait mon sort. Chanceuse ou non.
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Côté pile, il y a l’insécurité, le doute et les sermons que l’on reçoit. Il ne s’agit pas d’un poste stable, loin de là. La maison attend une réponse pour les financements au mois de juin, mais là encore, on ne peut pas savoir s’ils seront suffisants ou même si je serais celle qu’ils choisiront.
Un bond dans l’inconnu, un saut sans filet de sécurité. C’est effrayant, presque inconscient selon l’opinion globale. Parce que oui, il y aura toujours des gens pour vous faire la leçon. Des gens qui se permettent de donner un avis qu’on avait pas demandé, qui ébranlent ta confiance et qui piétinent tes espoirs. Pour certain, mon choix est plus que risqué et ils ne se gênent pas pour le dire. Ce qu’ils ne savent pas, c’est ce que c’est d’être au chômage, d’attendre auprès de ton téléphone toute la journée, de rédiger des centaines de lettres de motivations qui finiront dans la poubelle d’un recruteur, de s’éloigner progressivement de ses proches parce que nos vies s’opposent, et de perdre tellement confiance en soi qu’on en finit par trouver exécrable tout ce que l’on fait. Dans certaines circonstances, c’est destructeur l’avis des autres, surtout celui qu’on n’a pas demandé. Mais je crois qu’arrive un jour où cet avis nous passe au dessus, au pire nous met en colère et parfois devient un moteur. On m’a dit un jour que je n’arriverai pas à avoir ma licence. Il ne m’en a pas fallu plus pour l’obtenir avec une mention.
Transformer la colère et la peur pour en faire des moteurs. Rebondir.
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Côté face, il y a l’espoir, l’envie et les perspectives qui nous font avancer. J’ai travaillé dur pour pouvoir un jour faire un métier que j’aime. J’ai tenté, échoué, bifurqué et enfin apprécié mes études et le chemin qu’elles prenaient. J’ai passé du temps à me former et à expérimenter. Ça m’a coûté du temps, de l’énergie et des relations. Mais ce à quoi cela me destinait me plaisait. Alors quand aujourd’hui, on me dit que je suis folle de sauter sur une occasion d’exercer le métier qui me plaît parce que c’est incertain et que je pourrai avoir une meilleure situation, je me met en colère et rétorque. L’incertain, le précaire, le manque de stabilité, c’est la réalité aujourd’hui. En quoi ma situation sera-t-elle plus fragile que quand j’étais au chômage? J’ai la possibilité de faire un métier qui me plaît, avec des conditions bancales certes, mais aussi de me former, d’étoffer mon CV, de rencontrer de nouvelles personnes et d’avancer. Alors que choisir?  Rester au chômage dans l’attente d’une meilleure et potentielle position ou bien chercher à avancer en prenant des risques peut-être inconsidérés mais qui me donnent l’impression que je n’ai pas fait tout ça en vain?
Alors j’ai fait un choix. Quitte à ne faire que trois mois et être de retour au chômage en juin. Quitte à laisser de côté mes recherches pour le moment. Quitte à refuser un entretien dans le sud pour un poste sûr mais qui me plaît moins (ça aussi, je l’ai fait instinctivement et peut-être que je le regretterai).
Faire des choix et les assumer, c’est ça devenir adulte non?
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Peut-être que je me pose trop de questions sur trop de sujets. Que je prends trop à coeur les paroles de trop de personnes. Qu’à trop réfléchir, je me prive de trop de choses.
Mais pour une fois, je suis prête à m’en tenir à ma décision et à la défendre contre toutes protestations.
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Un saut inconscient dans le vide ou un premier pas sur le chemin?
Ça, personne ne le sait. Même pas moi.

 

Lever le voile

Dernièrement, ça a pas été la joie. (Ça commence bien cet article non?!)

Cela fait presque cinq mois que j’ai commencé à chercher du travail. Certains diront que c’est le début, d’autres que ça commence à faire long. Pour tout avouer, je suis plutôt de la deuxième catégorie. Si encore j’avais eu de nombreux entretiens durant ce laps de temps, mais ce n’est pas le cas. Ajoutez à ça le fait que je vive chez mes parents et que je n’ai pas mes amis à proximité, on peut dire que le temps n’est pas bénéfique dans mon cas.
Bref, pour quelqu’un qui aime être constamment occupée comme moi, les temps sont durs.
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Il y a surtout une chose qui me trotte sans arrêt dans la tête : quand est-ce que je vais bien pouvoir commencer à vivre? C’est bizarre cette question.
En fait, depuis que je suis au chômage, je n’arrive pas à faire de projets. Enfin si, certains : “Demain, je range ma chambre, c’est facile ça…”
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Non, sans rire, dès que quelqu’un me propose un concert ou un voyage par exemple, j’ai ce réflexe de dire “pas tout de suite, je sais pas où je serais à ce moment là, je peux pas prévoir”. Comment prévoir des vacances alors qu’on ne sait pas quand on trouvera du boulot? Et comment ne pas culpabiliser de partir en voyage plutôt que de rechercher activement du travail? C’est souvent à double tranchant.
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L’autre jour (alors que je me plaignais encore), une amie m’a dit que c’était la société qui nous poussait à penser comme ça. Que tant qu’on n’entrait pas dans le schéma famille+boulot=bonheur, on se retrouvait souvent en marge et on était sujet à la culpabilisation répétée. Dans un sens, je pense que c’est vrai. Je ne compte plus le nombre de personnes qui pensent qu’il faut être avec quelqu’un pour être heureux et qui s’offusquent de mon célibat prolongé. Je ne fais plus la liste des gens qui me regardent avec pitié quand je leur dit que je suis au chômage et qui rétorquent que je dois être bien malheureuse en effet. Rajoutons à cela le fait que Pôle Emploi considère que tu es à sa merci tant que tu es au chômage, puisque c’est bien connu, le chômeur se doit de rester chez lui à chercher du travail et n’a pas le droit de prendre du bon temps.
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D’un autre côté, je pense qu’on a tendance à subir cette pression volontairement. Nos choix de vie nous appartiennent et n’affectent que nous dans une certaine mesure. Il n’appartient qu’à nous de décider quel chemin on doit suivre. Et même si la société et sa vision du monde est oppressante, ce n’est pas pour cela que l’on doit se laisser porter sans rien faire. Il ne tient qu’à nous de remonter le courant, quitte à se sentir parfois incompris.
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Vous devez vous dire que je suis une sacrée donneuse de leçons qui n’applique même pas ses propres conseils! Et c’est vrai. Je pense qu’il faut un courage à toute épreuve pour vouloir affronter la réalité de telle façon qu’elle puisse enfin nous être agréable à tout moment. Et le courage ça se construit pas à pas en parallèle avec la confiance que l’on peut avoir en soi. C’est un travail de tous les jours. Et je ne suis pas encore assez courageuse, mais ça viendra peut-être.
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En attendant, j’essaie de faire des petits projets et de les concrétiser. Entamer une nouvelle correspondance. Prévoir une virée parisienne pour le salon du livre. Essayer de supporter l’arrivée fatidique de mes 25 ans (Ouai bon là, c’est pas gagné!)
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Et tenter chaque jour de deviner ce qui se cache derrière le voile de l’avenir…
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Mettre sur pause

Bon, vous l’avez remarqué, je ne suis pas très assidue dans mes articles. L’écriture a toujours été pour moi une façon d’extérioriser et de mettre à plat ce que je pense, sûrement pour ne pas exploser dans tous les sens. C’est peut-être pour ça que certains d’entre vous trouvent que j’ai du recul sur ma situation, c’est parce que j’ai tendance à mariner longtemps avec mes idées noires jusqu’à ce que je réussisse à en extraire quelque chose de bon.

Ça fait maintenant quatre mois que je suis au chômage et je me revois encore dire à ma mère que j’aimerai bien trouver du boulot avant Noël…

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Plein de choses ont changé durant ce laps de temps: j’ai dû accepter le fait de revenir vivre chez mes parents, j’ai revu mes exigences à la baisse, j’ai découvert la susceptibilité exacerbée, j’ai appris la patience,…et j’ai compris que la culpabilité pouvait vous ronger. Ne vous inquiétez pas, je ne suis pas en phase dépressive, seulement de réajustement. Parce que j’ai aussi appris récemment qu’il fallait lâcher prise de temps en temps, que sinon, on ne s’en sort pas.
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Alors j’essaie d’arrêter de culpabiliser de prendre du temps pour moi et j’essaie de ne pas me formaliser quand les gens me disent “de toute façon, tu as TOUT le temps pour toi”, rapport que j’essaie de ménager ma susceptibilité, sinon je ressemble vite à un caniche enragé en ce moment (Tu visualises un peu?)
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Et puis, je deviens aussi très douée pour me trouver des excuses :
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– Aller lire un peu? C’est mon métier non? Je suis formée à travailler dans l’édition, je peux bien prendre du temps pour lire, faut bien que je me tienne au courant!
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– Regarder une série? Je ne peux tout de même pas prendre des nouvelles de mes amis sans avoir regardé le dernier épisode de Sherlock, t’es fou toi? C’est ma mort sociale! (Wahouuu l’autre!)
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– Me faire les ongles ou faire du shopping? Hey ho, comment veux-tu que je sois présentable à mon prochain entretien (qui soit dit en passant se fait attendre) si je ne prends pas un peu soin de moi et de ma garde robe?!
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– Regarder un film? J’enrichis ma culture, j’use mon temps de façon bénéfique pour l’avenir!
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– Aller au Futuroscope? Je fais plaisir à mes parents of course! (Ouai ouai on y croit tous, on sait bien que t’y va juste pour les lapins crétins!)
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Enfin bref, vous l’avez compris, je jongle entre le déni total de ma situation et la culpabilité envahissante. Mais bon j’étais déjà bipolaire avant, ça casse pas les habitudes!
Ça a du bon pourtant, je me suis remise à créer des petites choses par ci par là et je vais peut-être enfin mettre sur pied ce projet qui me trotte. Je suis enfin à jour dans mes séries et j’en découvre d’autres. Je lis à n’en plus finir, essayant de réduire ma PAL au maximum. J’ai regardé des films que je voulais voir depuis longtemps. Je passe du temps avec mes parents et les redécouvre un peu chaque jour.
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Alors parfois ça a du bon de mettre pause, de s’éloigner de tous ces messages cryptés de ta vie qui passent sur l’écran et que tu as du mal à interpréter.
Seulement profiter des petits riens.
Voilà, c’est ça.

Revenir sur ses pas

Si toi aussi tu t’es bien marré en regardant Tanguy en te disant que jamais, ô grand jamais, tu ne reviendrais habiter chez tes parents et que 10 ans plus tard, tu n’as plus eu le choix, cet article est pour toi!

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Depuis octobre, je suis revenue vivre dans ma bourgogne natale, dans ma chambre d’ado pleine de posters issus d’une époque que j’ai préféré oublier.
Avant de commencer, il faut vous dire que je suis de celles qui ont toujours eu une relation très harmonieuse avec leurs parents. J’adore passer du temps avec eux, les écouter se chamailler pendant que je mets mon grain de sel (“T’es bien comme ton père!” dirait ma mère) et finir par un énorme fou rire rempli d’amour. En général, quand je vis dans mon propre appartement, j’aime revenir les voir au moins une fois par mois et retrouver mon petit cocon familier. Ça ressource et ça met de côté les petits embarras de la vie quotidienne.
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Mais cette fois-ci, c’est complètement différent. J’ai dû dire adieu à ma vie d’étudiante et rendre les clés de mon dernier appartement à Paris pour entamer mon périple de chômeuse à durée indéterminée. Paradoxalement, j’ai un CDI, mais pas celui que je voudrais.
Ça faisait six ans que j’étais partie de chez mes parents pour vivre seule. Et même si la vie n’a pas toujours été facile, elle m’a beaucoup appris. Pour moi, il est essentiel de vivre seul une fois dans sa vie pour déterminer vraiment qui l’on est. Durant notre enfance et un peu malgré nous, on se force à plaire ou à déplaire à nos parents parce que leur regard est le plus important à nos yeux. Puis on commence à faire ses choix et à comprendre qu’on les fait pour nous et pour personne d’autre. Pendant cette période où on vit seul, on apprend qu’il faut les assumer coûte que coûte parce que c’est ça grandir et s’accepter. Ces choix ne plaisent pas forcément à tous mais ce sont les nôtres.
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Ce qui est le plus dur dans le fait de revenir vivre chez ses parents, c’est qu’on a l’impression de revenir en arrière à un moment de notre vie où plus que jamais on devrait aller de l’avant. Alors bien sûr, ça a ses avantages. Ne pas avoir à décider que manger le soir et se mettre les pieds sous la table, avoir une présence rassurante tous les jours à ses côtés, quelqu’un pour garder les idées claires et rire pour garder le cap. Mais on a tendance à régresser aussi, il faut mettre la main à la pâte parce qu’on a plus trois ans et qu’on est en mesure d’aider. Le plus difficile, c’est de trouver un juste milieu. Pour nos parents, on restera toujours cette petite qui se blottit dans leurs bras, cette ado râleuse qu’on obligeait à ranger sa chambre, cette jeune femme prête à partir de la maison pleine de rêve en tête. Mais on change, on se forge loin de leurs yeux et il est parfois dur pour eux de voir qu’on leur échappe et pour nous  de réaliser que leurs espoirs ne sont pas toujours comblés.
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Tout est un chamboulement permanent. Je déteste les voir rentrer du travail et me demander des nouvelles de mes recherches. Me dire qu’il faudrait que j’essaie ça ou ça, me regarder les yeux plein de compassion et de défaite. Quant à eux, ils n’aiment pas non plus me voir là sans activité, bloquée dans une vie que je ne veux pas.
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Mais tout n’est pas que grisaille et tristesse. J’aime taquiner ma mère et retrouver nos moments privilégiés que j’appréciais tant quand j’étais ado. J’aime parler avec mon père et faire des blagues qui ne font rire que nous deux. J’aime les voir se chamailler gentiment et médire devant les infos. J’aime me glisser dans ma chambre, entourer de mes livres et rêver à ce qui pourrait être tout en entendant le bruit rassurant de personnes autour.
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Alors même si je rêve de trouver un travail et de me trouver un nouvel appart que je pourrais apprivoiser, je peux dire que je suis chanceuse. Tous les jeunes diplômés dans mon cas n’ont pas un contexte familial aussi agréable que le mien. Tous n’ont pas l’opportunité d’être aidés et soutenus comme je le suis. J’aime ma famille (ça, c’est si ils passent par là un jour) et je suis reconnaissante qu’elle soit aussi forte et liée.