Yesterday is history, Tomorrow is a mystery

3 mois. Voilà le temps que cela m’a pris pour revenir écrire ici. Ça me manquait, j’avoue. Ça me faisait peur aussi.
Ça fait bientôt un an que j’ai démarré ce blog pour m’aider à avancer moralement dans ma recherche d’emploi. De me dire que le temps passe si facilement et que j’ai encore des choses à dire ici me frustre.
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Car oui, long story short : comme prévu, je n’ai pas été engagée à la fin juillet par ma boîte et je suis revenue vivre chez mes parents pour la deuxième fois en un an.
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Enfin, rendons à César la vérité. Mes patronnes à Paris ont proposé de m’engager en freelance début juillet. Bonne nouvelle vous me direz. Sauf qu’elles me proposaient un smic. Autrement dit : 1400 euros, vous enlevez les charges des indépendants (25%), le loyer de Paris (800 minimum), les différentes factures et les dépenses de la vie quotidienne, il ne vous reste plus rien. Rajoutez à cela que vous n’avez aucune sécurité de l’emploi, pas d’indemnités de licenciement, vos boss peuvent vous mettre à la porte quand elles veulent. Et, à contrario de beaucoup de freelance, je n’avais pas de possibilité de télétravail ni de possibilité d’effectuer d’autres missions avec les horaires de bureau proposés.
Ça plus ça plus ça, j’ai décidé de refuser. Certains penseront que je suis folle. Peut-être. Mais je n’ai pas envie de brader ma vie sous prétexte que des gens ont envie d’abuser du système. Oui parce que quand j’ai refusé, ma boss m’a jeté à la figure un savoureux “mais qu’est-ce que tu peux espérer de mieux?”. Car oui, elle y croyait vraiment à son histoire, allant jusqu’à me dire que c’était équivalent à ce que les autres boîtes pourraient me proposer. Après ça, toute cette histoire de salaire et de précarité est devenue secondaire. Je ne pouvais viscéralement pas travailler avec une personne qui pensait me sauver de la misère tout en m’entubant.
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C’est pas facile tous les jours cette recherche d’emploi. Mais je pense qu’il ne faut pas non plus être prêt à tout accepter. On se perd souvent. On se demande ce qu’on fout là, ce qu’on va devenir. On fait défiler les annonces des différents sites d’emploi en se disant que secrétaire, finalement, ce n’est pas si mal. Ça fait mal souvent. On s’entend dire qu’on aurait pas dû faire tant d’études et que la conjoncture est vraiment horrible et qu’on a pas de chance. Génial. On encaisse, on répond aux “Alors toujours rien?”. On avance. On trébuche souvent. On fait semblant de gérer alors qu’au fond, on a envie de crier à l’injustice, au système de merde et à notre nullité. Car oui, plus on avance et plus on se dit qu’un truc cloche et que ce truc, c’est peut-être nous.
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Vous allez encore me dire que finalement je ne suis pas si optimiste que ça et que cet article est triste à chialer. Mais je ne dis pas tout ça pour faire pleurer dans les chaumières ni pour qu’on s’apitoie sur mon sort. Loin de là. Ma situation n’est certes pas idéale mais elle n’est pas non plus catastrophique. En un an, j’ai eu plusieurs entretiens, j’ai travaillé quatre mois dans le domaine que j’aime, je me suis amusé à créer des visuels pour ma famille et même pour une élection de miss régionale et puis je ne reste pas inactive. Je travaille depuis le mois d’août dans le Leclerc où j’avais l’habitude de travailler les étés pendant mes études. Ce n’est pas fou, je me lève 6jours/7 à 4h du matin pour remplir des rayons que des clients impitoyables viennent dépossédés toute la sainte journée. Mais je travaille et ce travail est apprécié. J’en vois d’ici dire “Pfff un bac+5 et elle est heureuse de recevoir des compliments pour de la manutention!”. Et bien oui. Dans ce périple, tous les compliments et les petits moments d’auto-satisfaction sont bons à prendre. Ça me fait du bien d’entendre que je suis quelqu’un de capable, d’organisée et de mature. Du bien de se dire que quelqu’un a confiance en mon travail. Parce que je sais que ces appréciations et cette expérience me seront toujours utiles pour la suite et qu’elles forgeront en quelque sorte la personne que je deviendrai.
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Vous savez, le plus dur pour moi parfois, c’est de ne plus savoir exactement qui je suis. À force de tout remettre en question, on s’éloigne peu à peu. Et c’est ces petits bonheurs du quotidien qui me rappellent celle que j’ai toujours été. Un compliment sur mon travail, une remarque sur ma ténacité, un oeil surpris sur mes créations, un encouragement chaleureux, un aveu tardif. Alors j’emmagasine des forces pour mieux repartir.
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Un jour, j’y arriverai.

 

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2 thoughts on “Yesterday is history, Tomorrow is a mystery

  1. Je pense que je me répéte beaucoup dans mes commentaires. Quelque chose comme “ça fait plaisir de lire des mots qui résonnent en nous”, “courage ma belle”. Moi aussi je suis heureuse quand on me fait des compliments à mon boulot d’hôtesse. Parce que c’est bon de voir que l’on peut avoir des compliments même pour un travail qui “n’est qu’alimentaire’. Il paraît que la moyenne d’âge pour le premier cdi est 27 ans. On a encore des chances. On y arrivera.

  2. Salut….^_^

    Je ne sais pas trop comment je suis arrivée là mais me voilà. Je suis…ou étais en recherche d’emploi depuis juin. J’ai fini mes études en décembre et dernier et j’ai bosser direct dans un cinéma en enchainant des CDD. Et je voulais mieux, j’imaginais mieux pour moi. Alors j’ai arreté et j’ai postuler dans tout les endroits que j’aimais pour me sentir “vivre” et pas “survivre”.
    Aucune réponse, ou alors un “pas de poste” par e-mail. J’ai été détruite de voir qu’en fait même avec mes études, personne ne voulait de moi.
    Je sais ce que tu traverses…ce que tu penses de toi ou ce que tu croyais savoir de toi. Je sais ce qu’il se passe quand on se retrouve seule dans son appartement qu’on ne pourra bientot plus payer parce que…hé oui les indémnitées chomages s’arretent un jour et que dans mon cas le RSA n’est pas encore là.
    Je sais que tout les jours on prend une nouvelle résolution jusqu’a ce qu’on oublie la motivation, le courage qui nous avait poussé dans ce sens là alors tout les jours on change de direction. Les jours où l’on ne prend pas direction, on reste juste là, assit avec soi-même pour seule compagnie.
    Parce que autour de nous, ça bouge, les gens ne s’arretent pas pour nous, eux s’afferent à “leurs activités”.
    La moindre occupation nous rend heureux. Elle nous empeche de penser. Alors on s’en cherche…on en vient a organiser une fête d’halloween et on fait comme si c’était compliqué pour que ça nous prenent plus de temps. On s’investit même financierement dedans parce que le moindre soulagement mental est bon a prendre. On s’offre un sac qu’on trouve joli en vitrine parce que ça va nous rendre heureux pendant une journée. Jusqu’a ce que des gens “raisonnables” nous disent qu’on a “pas d’argent et qu’on le dépense quand même”. Au début on a du mal mais on les excuses parce que ils ne savent pas.
    On comprend vite qu’il n’y a que nous même pour nous comprendre…jusqu’a ce qu’on rencontre quelqu’un qui a tout vécu. On se rend compte qu’on va encore en baver un loin moment et qu’on va peut-etre même devoir passer par un chemin qui nous déplait pour arriver dans 2 ou 5 ou 10 ans a faire de sa vie quelque chose qu’on aime. On va devoir être courageux et s’accrocher a cette seule idée pendant encore un bout de temps. Il ne faut pas l’oublier. ça va etre dur mais il ne faut pas l’oublier…il ne faut pas oublier. Pas oublier.

    Bref, voilà où moi j’en suis, dans 12 jours je passe un entretien pour integrer une formation de 6 mois ou 1 an, rémunérée. Je vais en baver car c’est une sacrer baffe de devoir me reformer mais au moins je me vois d’en l’avenir. Je ne peux pas dire “dans 5 ans je serais…” mais j’arrive au moins a dire “dans 5 ans j’ai envie d’être”…

    Certains jours je me perd encore.

    Je finis toujours par me retrouver sur ce chemin. Je crois fermement que c’est difficile de passer par là mais que vue la configuration actuelle du monde du travail, beaucoup de personne risque de passer par là. Maintenant quand je passe devant un lycée, j’ai de la peine pour eux parce que jamais il ne pourront imaginé présentement ce qui leur rongera l’esprit et le corps plus tard.
    Mais c’est comme ça, cet état est sans aucun doute le fond du pied. Et même si on pense qu’on ne pourra jamais le remonté, on va forcément le remonté, mais c’est comme après une course éffrénée, on a mal au cuisse et au mollet…en fait c’est même plus que ça. C’est comme quand on est super malade, malade au point que l’on arrive pas a se rapeller comment c’est quand on est en pleine forme…mais ça va passer… ça va passer !

    N’ai aucune honte ou remord a revenir chez tes parents. C’est juste une marche, une étape pour reprendre ton souffle et mieux sauter.

    La vie au final c’est tout ce qu’on a alors il faut se battre pour arriver à la vivre.

    Des bisous d’encouragement.

    Mademoiselle LMC
    (une inconnue)

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