Revenir sur ses pas

Si toi aussi tu t’es bien marré en regardant Tanguy en te disant que jamais, ô grand jamais, tu ne reviendrais habiter chez tes parents et que 10 ans plus tard, tu n’as plus eu le choix, cet article est pour toi!

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Depuis octobre, je suis revenue vivre dans ma bourgogne natale, dans ma chambre d’ado pleine de posters issus d’une époque que j’ai préféré oublier.
Avant de commencer, il faut vous dire que je suis de celles qui ont toujours eu une relation très harmonieuse avec leurs parents. J’adore passer du temps avec eux, les écouter se chamailler pendant que je mets mon grain de sel (“T’es bien comme ton père!” dirait ma mère) et finir par un énorme fou rire rempli d’amour. En général, quand je vis dans mon propre appartement, j’aime revenir les voir au moins une fois par mois et retrouver mon petit cocon familier. Ça ressource et ça met de côté les petits embarras de la vie quotidienne.
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Mais cette fois-ci, c’est complètement différent. J’ai dû dire adieu à ma vie d’étudiante et rendre les clés de mon dernier appartement à Paris pour entamer mon périple de chômeuse à durée indéterminée. Paradoxalement, j’ai un CDI, mais pas celui que je voudrais.
Ça faisait six ans que j’étais partie de chez mes parents pour vivre seule. Et même si la vie n’a pas toujours été facile, elle m’a beaucoup appris. Pour moi, il est essentiel de vivre seul une fois dans sa vie pour déterminer vraiment qui l’on est. Durant notre enfance et un peu malgré nous, on se force à plaire ou à déplaire à nos parents parce que leur regard est le plus important à nos yeux. Puis on commence à faire ses choix et à comprendre qu’on les fait pour nous et pour personne d’autre. Pendant cette période où on vit seul, on apprend qu’il faut les assumer coûte que coûte parce que c’est ça grandir et s’accepter. Ces choix ne plaisent pas forcément à tous mais ce sont les nôtres.
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Ce qui est le plus dur dans le fait de revenir vivre chez ses parents, c’est qu’on a l’impression de revenir en arrière à un moment de notre vie où plus que jamais on devrait aller de l’avant. Alors bien sûr, ça a ses avantages. Ne pas avoir à décider que manger le soir et se mettre les pieds sous la table, avoir une présence rassurante tous les jours à ses côtés, quelqu’un pour garder les idées claires et rire pour garder le cap. Mais on a tendance à régresser aussi, il faut mettre la main à la pâte parce qu’on a plus trois ans et qu’on est en mesure d’aider. Le plus difficile, c’est de trouver un juste milieu. Pour nos parents, on restera toujours cette petite qui se blottit dans leurs bras, cette ado râleuse qu’on obligeait à ranger sa chambre, cette jeune femme prête à partir de la maison pleine de rêve en tête. Mais on change, on se forge loin de leurs yeux et il est parfois dur pour eux de voir qu’on leur échappe et pour nous  de réaliser que leurs espoirs ne sont pas toujours comblés.
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Tout est un chamboulement permanent. Je déteste les voir rentrer du travail et me demander des nouvelles de mes recherches. Me dire qu’il faudrait que j’essaie ça ou ça, me regarder les yeux plein de compassion et de défaite. Quant à eux, ils n’aiment pas non plus me voir là sans activité, bloquée dans une vie que je ne veux pas.
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Mais tout n’est pas que grisaille et tristesse. J’aime taquiner ma mère et retrouver nos moments privilégiés que j’appréciais tant quand j’étais ado. J’aime parler avec mon père et faire des blagues qui ne font rire que nous deux. J’aime les voir se chamailler gentiment et médire devant les infos. J’aime me glisser dans ma chambre, entourer de mes livres et rêver à ce qui pourrait être tout en entendant le bruit rassurant de personnes autour.
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Alors même si je rêve de trouver un travail et de me trouver un nouvel appart que je pourrais apprivoiser, je peux dire que je suis chanceuse. Tous les jeunes diplômés dans mon cas n’ont pas un contexte familial aussi agréable que le mien. Tous n’ont pas l’opportunité d’être aidés et soutenus comme je le suis. J’aime ma famille (ça, c’est si ils passent par là un jour) et je suis reconnaissante qu’elle soit aussi forte et liée.
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4 thoughts on “Revenir sur ses pas

  1. Je pense pas que tu reviennes sur tes pas: ça aurait été le cas si tu étais rentrée sans diplôme ni formation. En fait, c’est plus une pause avant la nouvelle aventure!
    Et il me tarde que tu y sois 😀

  2. J’ai découvert ton blog il y a.. hum… dix minutes ?! haha Et j’adore ton écriture, la tournure positive de tes articles. Je te souhaite de trouver un travail ! Courage pour tes recherches ! Je suis absolument d’accord avec toi au sujet du chômage ! (Rapport à ton dernier article).

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